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12 octobre 2013 • 19 min de lecture

8 jours à Rome

8 jours à Rome

Les vacances. Enfin, les vacances ! Rome, nous voici !

Le phénomène s’étant raréfié, difficile d’être dans le mood au début. On pense toujours à l’heure du réveil pour le lendemain matin, on ouvre les yeux en sursaut avec le sentiment d’être en retard et on culpabilise presque de vaquer à ses occupations pendant que les collègues triment. Si, si. Ou au moins, durant la première journée.

Pour ne pas rentrer trop fatigués, nous avions pris le parti de prendre quelques jours avant le départ et après le retour, ce qui nous a permis de nous occuper de la maison, du jardin et d’autres choses sans nous mettre la pression.

Rome, la ville éternelle

On ne va pas se mentir : Rome est superbe. Je n’ai pas la prétention d’avoir beaucoup voyagé mais j’ai tout de même vu différents pays (et donc différentes villes) et ce qui saute immédiatement aux yeux, c’est la quantité de monuments/œuvres d’art au kilomètre carré. Rome est d’une taille parfaite pour des piétons, à savoir étendue mais de façon relativement régulière. On peut la parcourir en long, en large et en travers à la sueur du front (et des jambes), mais aussi opter pour le bus et/ou le métro pour se simplifier (je nuancerai ce terme un peu plus tard) la vie.

Tout au long des promenades, souvent à travers de grandes places, de larges avenues ou de jolies ruelles pittoresques, il suffit de lever les yeux toutes les 30 secondes pour tomber en pâmoison devant une œuvre architecturale, antique ou datant de la renaissance, qu’il s’agisse d’un bâtiment à colonnes, d’une fontaine ou d’un sépulcre. C’est assez époustouflant.

Basilique Santa-Maria In Portico in Campitelli

A Rome, vous aurez le loisir de déambuler au milieu de ruines ayant plus de 4000 ans, et même de vous asseoir dessus pour déjeuner si vous en prend l’envie, puisque c’est souvent autorisé (c’est le cas sur des restes de colonnes antiques du foro romano —forum romain— par exemple). En tant que petits Français, ça nous a interpellé, au début :

« Quoi ? Les gens ne respectent pas ces vestiges, ce patrimoine à la valeur inestimable ? »

Et puis, la raison nous est apparue petit à petit : Rome est ainsi faite. Les vestiges sont omniprésents et ils étaient des lieux de vie, à leur époque. Ils le sont restés, en grande partie. Peut-être n’est-ce pas plus mal, du moment que notre époque ne les dégrade pas plus vite que les époques précédentes…

La fontaine de Trevi, une des œuvres magistrales de Bernini


Le forum et le palatin

Pour 12€, vous aurez un billet qui vous permettra de visiter à la fois le forum romain, le palatin et le Colisée. La seule contrainte est de visiter ces monuments sur deux journées forcément consécutives (une seule entrée par monument, vous ne pourrez pas papillonner de l’un à l’autre avec un unique billet).

Forum romain - Ruines 1

Nous n’avons pas pris d’audioguide, ce qui est une erreur grossière que nous n’avons plus commise par la suite. L’audioguide vous coûtera quelque chose comme 5€ par tête, mais sera un allié indispensable à la bonne compréhension de l’histoire et du sens des ruines que vous visitez ainsi qu’un adjuvant certain pour vous permettre de vous projeter à l’époque antique, car l’exercice est ardu tant la différence entre les constructions de la République et ce qu’il en reste est importante.

Forum romain - Ruines 2

Sans vouloir trop en dire, on est saisi par l’immensité des monuments, une fois qu’on les imagine avec toute leur superbe. Il n’est d’ailleurs pas difficile de se faire une représentation mentale de la vie de la Cité telle qu’elle devait être, en lisant quelques panneaux d’information. On imagine aisément les politiciens, les banquiers (la plupart des basiliques qui s’y trouvent avaient une fonction plus socio-économique que religieuse) et les citoyens dans leur vie quotidienne, en surimpression de l’héritage qu’ils ont laissé.

Forum romain - Ruines 3

Munissez-vous de bonnes chaussures car le site est relativement grand et on a tendance à vite le parcourir tous azimuts, en repassant par certains endroits lorsqu’on a raté un passage ou un vestige. De plus, il y a un peu de dénivelé pour atteindre le palatin, depuis lequel on a une vue en hauteur de Rome. J’en profite pour faire un petit aparté : l’une de plus belles vues que vous pourrez avoir de Roma, sans prendre la voie des airs, se trouve au sommet de l’Autel de la Patrie (monument à Victor-Emmanuel II —Vittorio-Emmanuele II—, également connu sous le nom de Vittoriano), accessible via un ascenseur de verre pour 7€ par personne.

Autel de la Patrie - Vue sur Rome depuis le monument


Le colisée, aka. Amphithéâtre Flavien

A Rome, on trouve deux lignes de métro : la ligne A, qui découpe la ville horizontalement, et la ligne B qui la découpe verticalement, avec une branche B1 au nord, car la ligne se divise. L’avantage, c’est qu’on comprend vite et qu’on se trompe rarement. L’inconvénient, c’est qu’aux terminus, lorsqu’on prend un métro, on attend souvent 15 à 20mn son départ, sans raison particulière (sans raison communiquée, en tout cas, et ça a un côté exaspérant). Quoiqu’il en soit, on a toujours un arrêt relativement proche de là où on souhaite se rendre, et le reste se fait très bien à pied.

En ce qui concerne le Colisée, on ne peut pas faire plus simple : la ligne B possède la station « Colosseo » (je vous épargne la traduction ;-)) qui, je vous le donne en mille, vous amène au pied du monument, à une largeur de rue près. Alors oui, le Colisée, c’est archi-connu, c’est très touristique, tout ce qu’on veut. Il n’empêche que, comme pour le Grand Canyon par exemple, le voir de ses propres yeux, que ce soit depuis l’avion à l’approche de Ciampino (pas le Grand Canyon… non mais suivez, sinon on va pas y arriver !) ou le nez dessus, ça envoie quelques stimuli au cerveau qui, généreux, transfère ça via un petit frisson à travers l’épiderme. En tout cas, ça me l’a fait. Un petit peu. Puis c’est revenu en le visitant, surtout.

Colisée - Les gradins

Certes, nous n’étions pas seuls. Cette fois, on a pris les audioguides. Spoiler alert : en fait, chaque fois, ensuite, nous les avons pris. Malgré le monde, le fait d’avoir les audioguides branchés avec nos propres écouteurs nous a permis d’avoir les mains libres, d’une part (sans ça, il faut se coltiner un appareil qui a le look d’un téléphone des années 90 à l’oreille, ça grésille et on entend les sons parasites des autres), mais aussi de mieux nous immerger dans la visite, en nous coupant un peu du brouhaha des (autres) badauds (soyons réalistes, on est aussi les badauds des autres).

On apprend que le Colisée (ou amphithéâtre Flavien) a ainsi été nommé par abus de langage, en ce sens que le Colosseum désignait à l’origine une grande statue à l’effigie de Néron, qui fut ensuite remodelée par ses successeurs en une représentation d’Hélios, Dieu du Soleil.

Colisée - Vue d'ensemble

Contrairement à ce que les films, séries, BDs, bouquins, articles de presse divers peuvent nous laisser croire, les gladiateurs combattaient donc 1 à 2 fois par an, tout au plus. En outre, ceux-ci n’avaient quasiment jamais plus de 25 ans. Autrement dit, Spartacus, c’est du chiqué ! En général, les gladiateurs esclaves (par opposition aux engagés qui le faisaient pour l’argent ou la gloire —ou les deux) gagnaient leur liberté en 2 à 3 ans, s’ils combattaient valeureusement (et survivaient). Les jours de fête, le matin, c’étaient plutôt des combats contre des animaux exotiques ; les combats de gladiateurs avaient plutôt lieu l’après-midi.


Le Vatican

N’étant pas très religieux, j’avais un sentiment partagé a priori ; d’une part, la renommée grandiose m’attirait énormément, et d’autre part, la peur de n’y voir que du contenu religieux générait de l’appréhension.

Lorsque nous sommes arrivés à Ottaviano, l’arrêt correspondant au Musée du Vatican, sur la ligne A, il s’est mis à pleuvoir. Un peu. Puis, en longeant les murs (d’une hauteur impressionnante) du Vatican, ça s’est fortement dégradé, jusqu’à ressembler à la mousson. Vraiment. Les pakistanais vendeurs de parapluie semblaient faire un bon chiffre. C’est là que nous nous sommes allègrement auto-congratulés d’avoir réservé des billets sur Internet avant le départ, dans la mesure où il y avait facilement 2h30 de queue et que notre réservation faisait coupe-file. Même sans attendre, cela a suffi pour que nous soyons (dé)trempés.

Armés de nos audioguides, délivrés à un comptoir proche duquel un climatiseur à la mine patibulaire soufflait un blizzard glacial, les écouteurs dans les oreilles et la mini-carte à la main, nous avons donc commencé l’aventure. Il faut savoir que le nom italien de l’endroit est Musei Vaticani. « i ». Il y a en effet un paquet de musées (une bonne dizaine, sans pression —après vérification, onze, pour être exact). Si un approfondissement vous intéresse, vous pouvez consulter les différents secteurs des musées du Vatican.

Nous avons commencé par le musée Grégorien Égyptien. Je crois que c’est celui qui nous a le plus marqué, hors Chapelle Sixtine et hors Basilique Saint-Pierre —qui ne sont par ailleurs pas, de toute façon, des « musées » à proprement parler. L’état de conservation des sculptures et différentes pièces est abasourdissant ! Les collections ont parfois plus de 4500 ans, et sont parfaitement conservées. Le niveau de détail artistique est très élevé, bien plus que nombre d’œuvres contemporaines. On y trouvera même une momie dans son sarcophage, datant d’environ 1000 av. J.-C.

Musée Grégorien Egyptien (Vatican) - Hiéroglyphes

Ça sent la jeune fille qui se néglige !

Devinez laquelle a été peinte par le stagiaire !

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Carton rouge pour les touristes qui flashent à tout va ces pièces. Les photos sont autorisées, mais pas l’usage du flash pour le risque de détérioration qu’il implique, et le principe de précaution veut que dans le doute, on l’interdise (Cap’tain Obvious, à votre service). C’est non seulement irrespectueux, mais aussi inutile car les pièces étant sous verre et les gens utilisant des flashes intégrés à leurs appareils, le résultat sera forcément médiocre et inexploitable. Double carton-rouge, donc !

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Parfois, j’ai eu du mal à déterminer si le plus beau était dans les salles ou dans les couloirs, étant donné la régularité de la qualité du travail, qu’il s’agisse des peintures/fresques, sculptures, ornements, céramiques, tapisseries, etc. Au détour d’un appartement Bonaparte, on tombe sur le Penseur, de Rodin. C’est drôle, je l’avais toujours imaginé clair et grand. Il est noir et assez petit (environ 80cm de haut, au jugé). C’est parce qu’il s’agit d’une autre version réalisée par le sculpteur. La version la plus connue, en bronze vert, mesure environ 2 mètres de haut et se trouve au musée éponyme, à Paris.

Musée du Vatican

Plastron en or

Bolinette en or (trop swag)

Je veux bien le numéro de l'architecte d'intérieur...


La Chapelle Sixtine

En entrant dans la chapelle, plusieurs informations arrivent vite : d’abord, il y a du monde. Ensuite, c’est un lieu « sacré », ce qui implique de respecter le silence (relatif), d’avoir les épaules et les jambes couvertes. S’ajoutent à ces restrictions celle de ne pas faire de photo, avec ou sans flash, sans doute car il est très difficile d’empêcher l’usage du flash au cours de photos, le badaud prétendant ne pas avoir fait exprès ou encore ne pas savoir comment le désactiver. Plusieurs gardiens errent d’ailleurs dans la foule, à l’affût, prêts à débusquer ceux qui tentent leur chance.

Une fois ces considérations comportementales comprises et dépassées, elles laissent la place à l’émotion. L’œil est d’abord attiré par la voûte, recouverte d’une fresque géante. Un chef-d’œuvre, qui compte en son centre la célébrissime création d’Adam (mais si, vous savez, ces deux personnages qui sont sur le point de faire rencontrer leurs deux index respectifs, les bras tendus l’un vers l’autre…). La fresque est réellement immense et il faut marquer une pause de quelques minutes si l’on souhaite en observer les différentes scènes qui fourmillent de détails et de symboles.

Chapelle Sixtine - La création d'Adam (oui, bon... j'ai tenté ma chance !)

Ensuite, le regard descend progressivement et vient naturellement se poser sur le mur de la face arrière, entièrement peint par Michel-Ange, lui aussi, illustrant le Jugement Dernier. Pour être franc, courageux mais pas téméraire, je n’ai pas tenté ma chance deux fois, donc je n’ai pas de photo à vous proposer pour illustrer ce chef-d’œuvre, vous m’en voyez marri. On apprend que lorsque l’œuvre fut commandé à Michel-Ange, ce dernier a d’abord pensé la décliner, considérant que son talent artistique résidait plutôt dans la sculpture que dans la peinture ! Voyez un peu le niveau… on est loin des barbouilleurs d’aujourd’hui qui s’auto-proclament génies.

A la lecture de toutes ces œuvres, on prend soudain conscience de la profonde connaissance théologique qu’avaient ces artistes. Plus que ça, Michel-Ange est certainement l’artiste qui a le plus influé sur la conception de Dieu, du Christ, mais aussi de l’homme, sur le sens du sacré, en apportant une vision et une forme nouvelles dans ses représentations. En effet, il s’éloigne des conceptions byzantines et médiévales, et diffère même de la première renaissance italienne en investissant d’intensité dramatique et de force vitale toute l’imagerie judéo-chrétienne, jusqu’alors représentée de façon très douce et aimante. A travers le Jugement Dernier, on découvre un Christ puissant, presque menaçant, une Marie dans son ombre, assez soumise, et toute une ronde, voire une farandole, d’êtres autour d’eux, placés comme dans un tourbillon dont le Christ et sa mère sont le centre. Au bas de l’œuvre, on voit la mort représentée en suivant la vision de Dante Alighieri telle qu’il la décrit dans La Divine Comédie : Charon chasse les morts, damnés, de sa barque et le légendaire roi Minos apparaît avec des oreilles d’âne. Les personnages sont contorsionnés, on ressent la douleur exprimée.

Il est aussi intéressant de noter qu’au départ, les quelques 400 personnages étaient représentés nus, même le Christ, ce qui a évidemment défrayé la chronique à l’époque, et qui a failli valoir la destruction de l’œuvre qui sera finalement reprise par un autre peintre, Daniele da Volterra, qui couvrira pudiquement de voiles les personnages, se voyant ainsi affublé du sobriquet de culottier (« il braghettone« ) !


La Basilique Saint-Pierre

Pour accéder à la Basilique, il faut sortir du Vatican (complètement). La place San Pietro (Saint-Pierre) est libre d’accès, comme la Basilique qui la surplombe, d’ailleurs. Comme à la Chapelle Sixtine, se couvrir épaules et jambes est un pré-requis pour entrer. La place est immense et entourée d’imposantes colonnades. Des chaises en plastique étaient empilées au centre, certainement pour les feux d’artifices régulièrement tirés le soir, ou pour d’autres représentations culturelles, telles que des concerts.

Ici aussi, il y a de l’affluence. Il nous faut patienter un peu avant de pouvoir entrer dans la Basilique. On avance lentement, on discute, on se fraie un chemin, et puis on est subitement stoppés dans notre progression : le cerveau a du mal à assimiler les informations que les yeux lui envoient !

Basilique Saint-Pierre : vue 1

Nul besoin de faire attention au silence : il s’impose de lui-même tant on est dans le sublime. Comment la main humaine a t-elle été capable de réaliser un tel chef-d’œuvre architectural, quelque chose de si grandiose, de si travaillé, de si gigantesque… de si beau ? Comment ses concepteurs (Bernini —appelé Le Bernin en France—, Michel-Ange) ont-ils même pu imaginer ces plans, puis procéder à tout le travail d’ingénierie que cela a dû requérir ?

Basilique Saint-Pierre : vue 2

Peu importe le point et l’angle de vue depuis lesquels on regarde l’édifice, c’est absolument superbe et fourmillant de détails artistiques, d’ornements, de gravures, de sculptures, de peintures. L’ambiance qui y règne est assez envoûtante, sachant qu’il est tout à fait possible de sortir du flux de visiteurs pour s’y recueillir paisiblement, ce que faisaient bon nombre de personnes. Sans qu’il y soit question de foi, on ressent clairement l’aspect « sacré » du lieu, et sa réalisation impose le respect absolu.

Basilique Saint-Pierre : vue 3

Il est possible de monter au dôme visible sur la vue n°1 moyennant finances (5€/personne par les escaliers, 7€/personne via l’ascenseur), mais nous ne l’avons pas fait, étant un peu éreintés par nos 5 à 6 heures de visites de la journée. Une fois que nous nous fûmes bien imprégnés de la Basilique, nous fîmes un dernier tour et sortîmes sur le parvis. Là, sur une des ailes, un bureau de poste est installé. L’heure de la pause étant attendue, on s’est posés sur un bout de marbre (oui, c’est Rome) et avons pu rédiger nos petites cartes postales. Puis, la météo s’étant un peu calmée, nous avons décidé de prendre le chemin du retour. Je pense que cette visite (Musées du Vatican et Basilique Saint-Pierre) fut la plus époustouflante que nous ayons faite de tout le séjour.


Les thermes de Caracalla

Au sud de Circo Massimo (un arrêt de la ligne B porte ce nom), se trouve un site peu représenté sur les plans touristiques. Plusieurs proches ayant déjà visité Rome nous avaient informé de l’intérêt d’y mettre les pieds, et heureusement. Ce site accueille les vestiges des thermes de Caracalla, empereur Romain durant un peu moins de 7 ans, véritable tyran sanguinaire, va-t-en-guerre et pourtant à l’initiative de l’étendue de la citoyenneté Romaine pour tous les habitants de l’Empire. Ces thermes faisaient partie des plus grands (10ha, pouvant accueillir 1600 baigneurs) et prestigieux de Rome, à l’époque où ils étaient en service. Ce qu’il en reste aujourd’hui est une fois de plus impressionnant, dans la mesure où l’on peut observer de la mosaïque d’époque (et même marcher dessus !), des colonnes, des fresques peintes, des bassins, des canalisations, etc.

Les mosaïques de Caracalla font aussi office de paillasson pour touristes...

Cette construction aussi a bénéficié du savoir-faire romain : le système de chauffage de l’eau était installé au sous-sol, où l’eau chauffait sur des foyers avant d’être acheminée via les canalisations prévues à cet effet dans les différentes salles qui composaient les thermes. On y retrouvait, par ordre d’utilisation classique, le caldarium, pièce chaude dans laquelle ils se nettoyaient après s’être bien dépensés physiquement, le tépidarium, où l’eau était plus tiède et où ils pouvaient profiter de massages et d’épilations, avant de finir au frigidarium, un bain froid en plein air qui avait le bienfait connu de raffermir la peau.

L’audioguide nous apporte des précisions sur la vie des thermes à la Rome antique, mais également sur les mœurs de ses utilisateurs. Les thermes avaient deux fonctions principales : l’une sur le plan de l’hygiène, l’autre sur le plan social. On s’y retrouve pour se détendre, mais aussi pour se rencontrer. On apprend que le lieu était un véritable centre culturel pour les Romains, qui pouvaient y pratiquer toutes sortes d’activités, telles que la baignade dans les bains publics et privés, la nage dans le grand bassin (53m de long !), des massages, des exercices de gymnastique, mais également des activités socio-culturelles comme la lecture, le sport (haltères, boxe, lutte, etc.) ou le « shopping », puisque le site disposait d’une bibliothèque, mais également de boutiques, de restaurants et d’un stade (gymnase) en ses murs. On apprend également que la mixité des lieux devint un problème et que l’empereur Hadrien imposa des horaires de fréquentation différents pour les hommes et les femmes, afin d’éviter la prostitution. Ainsi, les femmes y étaient le matin et les hommes l’après-midi.


Séjourner à Rome à petit prix

Si trouver de bons restaurants à prix mini n’est pas difficile à Rome, à condition d’éviter les quartiers les plus touristiques, c’est une autre paire de manches pour l’hébergement. Ne comptez pas payer moins de 50€ par nuit si vous souhaitez être autour de Termini (la gare). Même si le quartier n’est pas le plus beau, il est très pratique et les prix s’enflamment. Toutefois, il est possible de trouver de bons compromis : nous avons choisi de réserver une chambre avec salle de bains privative dans un B&B de Rome, au nord de la ville. Il y avait bien 45mn de transports pour arriver au centre de Rome, mais nous en avons eu pour entre 25€ et 30€ par nuit, à deux, le petit-déjeuner étant évidemment inclus, comme l’indique le nom B&B. Ce tarif est très raisonnable et demande quelques sacrifices que nous avons volontiers fait car le confort n’était pas notre priorité absolue pour ces vacances.

Désolé pour les commentaires débiles !

Je reviens quand même rapidement sur les restaurants, car ça en vaut la peine. Comme dans toute ville, on trouve un peu tout et n’importe quoi, pour toutes les bourses et dans tous les genres. En revanche, vous trouverez aussi ici ce que vous ne trouveriez pas ailleurs. Promenez-vous dans le quartier Trastevere (sud-ouest de Rome) et vous découvrirez le « quartier latin » parisien, à Rome, en bien mieux. Des ruelles typiques, de très jolies trattorie, et surtout, surtout : de petites pépites ! On y trouve des restaurants au look sympa et traditionnel, dans lesquels les plats de pasta et les pizze sont servies pour 4 ou 5€, avec de bons produits et de copieuses quantités. Nous avons d’ailleurs fait de l’un d’eux notre cantine : Il Ponentino. A deux, un repas + boisson + apéritif alcoolisé (ex : Mojito) vous revient à moins de 20€ au total ! On est loin des bistros parisiens qui vous voient arriver de loin et vous massacrent à vue…


Ce que l’on a moins aimé

Ce séjour a été fabuleux. Mais comme dans toute expérience, toute découverte, toute ville (et toute capitale, de surcroît), on finit toujours par trouver un peu de sable dans les rouages, ce caillou dans la chaussure, cette mouche au-dessus de votre steak, qui vous gâche un peu votre plaisir. Pour nous, voici les quelques agacements vécus :

  • la langue : OK, nous ne parlons pas l’Italien, mais nous pensions que l’Anglais serait très démocratisé, ce qui n’a pas vraiment été le cas, étonnamment. Par conséquent, la communication n’a pas été quelque chose d’évident. Je place ce point en première position car c’est un peu mon pêché mignon de pouvoir discuter avec les locaux, d’échanger les points de vue, de vraiment bien pouvoir communiquer et créer des liens d’amitié. Du coup, ce fut une petite frustration car ça n’a pas vraiment été possible, même si notre hôte était agréable et semblait de bonne composition.
  • les conducteurs : les piétons courent pour leur vie. Réellement. Parfois, des feux sont respectés. Les stops, plus rarement. Les gens roulent vite et ne s’arrêteront pas pour laisser passer des piétons sauf si ces derniers font barrage avec leur corps, ce qui est quand même un petit peu dangereux ! 😯
  • l’attente des transports : mis bout à bout, on a passé au moins une bonne dizaine d’heures à attendre les bus & métro, soit sur les quais, soit dans les transports à l’arrêt, en attente du départ. Cela peut paraître anecdotique, mais attendre 30mn un bus qui ne passe pas, pour finir par changer d’arrêt à pied, attendre 15mn l’autre bus qui nous dépose 20mn plus tard au métro, arriver au métro, monter dedans et attendre 20mn son départ, sans informations, ça devient vite assez pénible, surtout répété plusieurs fois par jour, plusieurs jours.
  • les files d’attente : je ne sais pas s’il s’agit de malchance ou de quelques mauvaises coïncidences, mais il nous est arrivé au moins 7 ou 8 fois, alors que nous faisions la queue pour différentes raisons (payer un restaurant, passer commande, enregistrer des bagages, payer en magasin, etc.), de nous faire purement et simplement doubler par des locaux, sans gêne aucune, et qu’ils se fassent servir avant nous sans complexe, les interlocuteurs ne semblant pas prêter attention à l’ordre d’arrivée de leurs clients. Il n’y a certes pas mort d’homme mais c’est désagréable et agaçant, surtout quand ça se répète. Disons que ça ne correspond pas à l’éducation que nous avons reçue, ce qui est déstabilisant.
  • Stanislas, le moustique-tigre : ce sale #@$&%# de $&@#§&# de moustique de $#&@# s’est amusé à nous bouffer toute la semaine, vu qu’il avait élu domicile dans notre chambre qui constituait, apparemment, un chouette lieu de villégiature pour lui. Cet espèce de #@&$§ est par nature très agressif et vorace : il injecte sa salive dans notre sang pour le fluidifier, histoire qu’on soit juste à point pour son apéro, et ça fait enfler nos jambes et provoque d’intenses démangeaisons. Et comme si ça ne suffisait pas, cette espèce peut transmettre le chinkungun… le chikoung… le chikungou… enfin la saleté de fièvre, là ! Pourquoi Stanislas ? Je sais pas, c’est un prénom de fourbe. Ça se trouve, il était roux, ce moustique, en plus.
Moustique-tigre (Aedes albopictus) - © aude.fr

Stanislas, en plein happy-hour !


Pourquoi nous y retournerons

Enfin, je râle, je râle, c’est mon côté Français ! Mais finalement, j’ai hâte d’y retourner. D’abord parce que j’y ai maintenant plein de souvenirs, communs avec mademoiselle, mais ensuite parce que nous n’avons pas pu visiter certaines choses, découvrir certains quartiers, expérimenter certains restaurants, et surtout, discuter longuement avec les romain(e)s. Alors, pour varier les plaisirs, nous placerons d’autres destinations dans la liste avant de faire un revival de Rome, comme d’autres capitales européennes telles que Prague, Vienne, Budapest, Londres, Lisbonne ou Helsinki…

Au Colisée :)

 

Bonus : je n’ai pas pu m’en empêcher… :tounge:


https://twitter.com/Pianographe/status/387627611892887552